L'Afrique met en place un marché unique des paiements, mais ses monnaies restent fragmentées

Sur le continent, les initiatives se multiplient pour bâtir des systèmes de paiement instantanés et interopérables. Des projets régionaux portés par l'UEMOA, la CEMAC avec GIMAC Pay, la CAE ou encore la SADC via la plateforme TCIB pourraient bientôt couvrir plus de 60 % des pays africains. Toutefois, l'existence d'une quarantaine de devises locales non convertibles entre elles freine cette intégration. Pour compenser les transactions, les prestataires doivent immobiliser des fonds dans des comptes préfinancés ou recourir à des devises fortes comme le dollar, ce qui alourdit considérablement les frais pour les utilisateurs. Selon Sabine Mensah, directrice générale adjointe d'AfricaNenda, la solution ne réside pas obligatoirement dans une monnaie unique, mais dans une harmonisation réglementaire. Les régulateurs et banques centrales sont appelés à aligner les règles d'octroi de licences et à optimiser les mécanismes de règlement transfrontalier.