Des millions gagnent au quotidien, cette startup camerounaise veut que les banques lui prêtent.

En Afrique centrale, où près de 90 % de la main-d’œuvre camerounaise opère dans le secteur informel, l'absence d'antécédents bancaires et de fiches de paie prive des millions de travailleurs indépendants de tout accès au crédit classique. Face à ce blocage, Patrick Timani a réorienté les activités de BEE, initialement positionnée dans la livraison urbaine, pour développer une passerelle technologique d’évaluation des risques. La startup camerounaise connecte les travailleurs journaliers — comme les conducteurs de moto-taxis, les commerçants ou les couturières — aux institutions de microfinance qui disposent de la trésorerie nécessaire mais manquent d'outils pour prêter en toute sécurité. Dans ce schéma tripartite, les institutions financières partenaires débloquent les fonds et assument le risque d’insolvabilité. De son côté, BEE assure le ciblage des emprunteurs, la distribution et le suivi opérationnel, sans engager son propre bilan.