Le mobile money génère plus de recettes qu’il n’en coûte à condition de ne pas le taxer

En Afrique subsaharienne, près d’une vingtaine d’États ont instauré des prélèvements sur les transactions financières numériques pour combler leurs déficits budgétaires. Pourtant, selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Banque mondiale et le FMI, cette stratégie s’avère contre-productive en incitant massivement les usagers à délaisser les plateformes électroniques pour retourner vers l'argent liquide. Les retombées négatives sont déjà visibles sur le continent. En Ouganda, la taxation des transactions et des réseaux sociaux a provoqué une chute d'activité de 25 % en quelques mois, tandis que le Ghana a finalement dû abroger son controversé « e-levy » en avril 2025. Ces ponctions touchent en priorité les ménages les plus modestes et les acteurs du secteur informel, pour qui ces outils constituent l'unique porte d’entrée vers le système bancaire.